On estime à près de 105 000 les personnes âgées dépendantes vivant en logement ordinaire dans la région Rhône-Alpes, dont 10 000 confinées au lit ou au fauteuil, 28 000 ayant besoin d’aide pour la toilette et l’habillage, et 66 000 ayant besoin d'aide pour sortir. Conformément à la volonté de permettre aux personnes âgées de rester chez elles aussi longtemps qu’elles le désirent, les services de soins à domicile progressent rapidement depuis quelques années.
Une étude française menée par les médecins généralistes en 1996 estime à 20 % la proportion des patients qui n’achètent pas les médicaments qui leur sont prescrits, et à 85 % ceux qui ne suivent pas strictement les consignes de prise :
| Les raisons invoquées : |
qui se traduisent par : |
37 % Oubli, empêchement
30 % Amélioration de l'état de santé
14 % Effets indésirables
10 % Inefficacité
9 % Trop de médicaments
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43 % Arrêt prématuré
37 % Oubli, empêchement
16 % Diminution durable
4 % Diminution ponctuelle |
L’observance thérapeutique
Qui prépare les médicaments ?
- La personne elle-même : 87%
- Le conjoint : 8%
- Un aidant : 4%
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Quand ?
- Juste avant la prise : 69%
- Pour la journée : 16%
- Pour la semaine : 14%
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Les personnes âgées sont scrupuleuses dans le suivi de leur traitement tant que leurs facultés le permettent. Toutefois, la tendance à augmenter le nombre de traitements préventifs apporte un nouvel éclairage sur le sujet. En effet, les personnes âgées sont de plus en plus souvent des patients « polymédicamentés en bonne santé ». Or les traitements n’ont d’effets visibles que sur le long terme, et leur prise impose des contraintes à court terme.
L’observance thérapeutique se définit comme le degré de concordance entre le comportement d’une personne (en termes de prise médicamenteuse, de suivi de régime ou de changement de style de vie) et les prescriptions ou recommandations du médecin. Près d’un patient sur deux ne suivrait son traitement que partiellement. Environ 90% de la non observance est sous forme de sous médicamentation (doses, horaires, produits oubliés, etc.)
Des conséquences importantes
L’inobservance thérapeutique peut avoir des conséquences pathologiques de plusieurs natures :
- Une baisse de l’efficacité des traitements, en particulier pour les traitements à long terme,
- Des surdosages, soit par excès de prise, soit surtout du fait des tentatives du médecin d’équilibrer un traitement considéré comme inefficace en augmentant les doses prescrites,
- Des mésusages, sources d’accident et de déséquilibres qui peuvent entraîner des complications et des hospitalisations coûteuses.
Chacune de ces conséquences engendre, outre les souffrances liées aux complications, de nouvelles dépenses de santé qui auraient pu être évitées, en dehors des effets secondaires des produits.
Pourquoi cette inobservance ?
Des difficultés pratiques
Lors de la prise de traitement, les personnes âgées peuvent éprouver des difficultés à :
- Mémoriser les prescriptions (trop de médicaments) et les horaires de prises,
- Lire et bien comprendre les étiquettes, souvent écrites en caractères trop petits
- Manipuler les différents flacons, ouvrir les bouchons, couper les comprimés…
Toutefois, la plupart des personnes âgées déclarent avoir des stratégies pour penser à prendre leur traitement, comme l’heure des repas, l’heure du coucher ou du lever, disposer les médicaments à certains endroits…
Une connaissance insuffisante des médicaments
Il est important de savoir à quoi sert le médicament, quels sont les risques en cas d’arrêt, s’il existe des interactions avec l’alcool, le tabac…Cette connaissance dépend du niveau cognitif de la personne âgée, mais aussi des relations avec les professionnels de santé.
Une hospitalisation
Autre facteur de dysobservance : l’hospitalisation, du fait des modifications du traitement (le simple nom des médicaments dans la plupart des cas) ou de l’introduction de nouveaux produits.
Une automédication
L’automédication chez les personnes âgées joue un rôle majeur sans les effets nocifs des médicaments. Il existe deux types d’automédication : celle peu dangereuse, avec des produits conçus pour cet usage ou conseillés par le pharmacien, et celle dangereuse par recours à la pharmacie familiale ou aux conseils de l’entourage. Enfin, la non observance thérapeutique peut être motivée par un « mieux aller » ou par les effets secondaires des médicaments.
Le pilulier peut-il être une aide dans l’observance ?
Le pilulier classique ne nous garantit pas la prise des médicaments par le patient : l’appareil ne contrôle que les ouvertures et non l’administration du médicament. De plus, le patient n’a aucune aide pour l’aider à prendre ses médicaments. Les personnes peuvent parfois être victimes d’une phobie de vérification compulsive, ouvrant le pilulier pour en vérifier le contenu sans l’absorber, d’autres par curiosité ou pour vérifier qu’il est bien fermé.
Les difficultés à manipuler les conditionnements sont souvent soulevées. Les personnes âgées ne parviennent pas à ouvrir les flacons (2/3 des patients) et une boîte (10% de la même série), etc. Une étude en Nouvelle Zélande a chiffré à 78% les patients âgés ne pouvant rompre un cachet ou saisir un médicament sur une tablette, 57% ne pouvant ouvrir les flacons et 41% incapables d’effectuer une ou plusieurs tâches nécessaires pour accéder à leur traitement. Le nombre de prises quotidiennes influence aussi négativement l’observance. Une étude américaine chiffre la chute d’observance à 84% lors d’une prise unique ou bi quotidienne et à 59% pour une prise trois fois par jour.
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L'observance Thérapeutique chez les personnes agées
Comité Régional d'Education pour la Santé Ile-de-France (CRESIF) |
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L'observance Thérapeutique des personnes de 70 ans et plus
Union Régionale des Médecins Libéraux Ile-de-France (URML)
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Sources :
- UMRL (Union régionale des Médecins Libéraux) Commission exercice en cabinet libéral
sur l’Observance thérapeutique des personnes de 70 ans et plus. (2005)
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CRESIF (novembre 2005)
- Age Village Pro (Janvier 2005)
- Les Dossiers de la DRASS (Panorama de la santé en Rhône-Alpes)
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